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L'aventure de Patapain, Patachou et Patedefruit

 

 

Il était une fois trois petits léporilopes qui s'appelaient Patapain, Patachou et Patedefruit. Patapain, l'aîné, et le plus téméraire, avait une belle fourrure couleur de pain bien cuit, et ses petites cornes commençaient déjà à poindre sur son crâne. Il n'en était pas peu fier ! Patachou, son cadet, avait la belle robe alezane de sa mère. Chaque matin, il se mirait dans la bassine d'eau qui servait à la toilette et se tâtait le front avec inquiétude, cherchant à sentir ses petites cornes encore en bourgeon. Enfin Patedefruit, la timide benjamine, avait une magnifique robe crème, parsemée de minuscules taches brunes. On aurait dit qu'elle s'était roulée dans le sucre roux. Ils vivaient sur la plaine avec leur Maman, dans un terrier situé non loin de la rivière.

 

Un jour, leur Maman leur demanda d'aller jusqu'à la rivière et de rapporter de l'eau fraîche. Elle leur recommanda d'être prudents et de se méfier des inconnus.
Malheureusement pour cette pauvre Maman, les trois levrauts étaient d'un naturel horriblement tête-en-l'air. A peine eurent-ils entendu les conseils de leur mère que déjà, ils les avaient oubliés. En plus de leur étourderie, les deux garçons étaient terriblement imprudents, et Patedefruit, aussi peureuse fut-elle, se laissait systématiquement entraîner par ses frères, ce qui ne valait pas mieux.

 

Ainsi, munis chacun d'un petit seau, ils partirent joyeusement pour la rivière. Arrivés sur la berge, Patapain plongea un à un les seaux dans le cours d'eau et les remonta pleins. Puis, ils décidèrent de paresser quelques instants sur la rive avant de rentrer. Un moment plus tard, un inconnu les aborda avec un grand sourire. Il s'agissait d'un beau renard roux.

 

 « - Bonjour, les enfants, dit-il sans se départir de son sourire mielleux. Comment allez-vous ?

- Bien, répondit Patapain, oubliant les consignes de sa Maman. Qui êtes-vous ?

- Je m'appelle Primus. Je suis un renard. Que faites-vous avec ces seaux ?

- Notre Maman nous a envoyés chercher de l'eau.

- Mais ils doivent être terriblement lourds, mes pauvres enfants ! Vous devez être épuisés ! s'exclama Primus.

- Je commence surtout à avoir faim », geignit Patachou, qui avait tout le temps envie de grignoter quelque chose (et, de fait, il était le plus dodu des trois).

Le sourire de Primus s'élargit, et, d'un air de sollicitude exagéré :

 « - Mes enfants, quelle heureuse coïncidence ! Figurez-vous que mon maître, Ailes Grises, organise un dîner chez lui ! Je viens de battre la campagne sur son ordre, j'ai dû distribuer les invitations. Cela vous intéresserait de venir ? Il y aura des pâtisseries, oh, plus que vous ne pourriez en avaler ! »

Patachou dressa les oreilles.

 « - Des pâtisseries ?

- Par centaines. Maître Ailes Grises est un grand Seigneur, très riche. Ses invités sont toujours choyés.
- Mais il ne dira rien si nous venons sans invitation ? s'inquiéta Patedefruit.

- Bien sûr que non ! s'offusqua Primus. Ailes Grises est très généreux. Il a toujours quelques couverts de plus pour des invités surprise ! Croyez-moi, il sera ravi de vous accueillir. Pensez-donc, trois beaux levrauts comme vous !

- Et... Il habite loin, ce monsieur Ailes Grises ? demanda Patapain.

- Eh bien... Il n'habite pas précisément la porte à côté, mais... Ce n'est pas très loin non plus. Il va falloir marcher un peu, mais je comprendrais que vous soyez fatigués. Si vous voulez remettre cela à plus tard... fit Primus d'un air contrit.

- Moi, ça va ! bondit Patachou, que l'idée de perdre les pâtisseries inquiétait au plus haut point. Je pourrai marcher ! »

Et il se mit à faire mille et une cabrioles pour montrer au renard son endurance extraordinaire.

« - Hmmm... Moi aussi ! » renchérit Patapain, en bondissant de-ci de-là pour ne pas être en reste.

Patedefruit réfléchit un instant mais, comme à son habitude, elle décida de suivre ses frères.

« - A condition que vous soyez sûr que nous ne dérangerons pas Monsieur Ailes Grises » ajouta-t-elle, car c'était un levraut très poli.

- Sûr et certain, sourit Primus d'un air sibyllin. Puisque nous sommes d'accord, allons-y. L'après-midi n'est plus très jeune et la fête commencera à la tombée du jour. Il ne faudrait pas que nous soyons en retard. Laissez donc vos seaux ici, vous les reprendrez sur le chemin du retour. »

 

Primus se leva et se mit en route. Bien qu'ils fussent essoufflés par leurs pitreries, les levrauts lui emboîtèrent le pas. Patedefruit jeta un regard en arrière, en proie au doute, mais suivit néanmoins. Ils franchirent donc la rivière à gué, et s'enfoncèrent dans les bois.

 

Ils cheminèrent ainsi pendant un moment. Les levrauts, qui n’avaient jamais mis les pattes dans la forêt de toute leur vie, s’émerveillaient d’un rien. La lumière rasante du soleil, en cette fin d’après-midi, amplifiait les couleurs chatoyantes de ce début d’automne. Patapain admirait les arbres gigantesques, plus hauts et touffus que n’importe quel arbuste de la plaine. Patedefruit, elle, cueillait toutes sortes de fleurs et en glissait quelques-unes entre ses oreilles pour se faire une coiffe de dryade. Quant à Patachou, il lorgnait avec envie les champignons, les glands et les noisettes, mais se gardait bien d’y toucher. « J’en ramasserai quelques-uns au retour, s’il me reste de la place », se disait-il, et il se passait la langue sur les lèvres.

 

Souvent, le renard les pressait d’avancer plus vite. Il avait peur, disait-il, d’arriver en retard. La ponctualité étant la politesse des rois, il ne voulait pas mettre Ailes Grises dans l’embarras vis-à-vis de ses autres invités.

 

Chemin faisant, ils trouvèrent une mare, alimentée par un petit ruisseau qui s’écoulait dans la mousse. Patachou réclama une pause de quelques instants, afin de pouvoir se désaltérer et tremper ses pattes dans l’eau fraîche. Primus pesta intérieurement, mais accepta. Inspectant la berge, et ne détectant la présence d’aucune menace, il autorisa les levrauts à boire un peu d’eau. Cependant, Patedefruit s’abstint. Elle avait entendu, dans les fourrés voisins, un grattement presque imperceptible. Se concentrant davantage, elle discerna vaguement parmi le feuillage doré une boule de poils roux, qui disparut aussitôt. Patedefruit, inquiète, se rapprocha de ses frères et du renard.

« Eh bien, que t’arrive-t-il ? demanda Primus, qui, buvant à la mare, n’avait rien vu.

- Il y avait un animal, là. Roux. Il nous observait.

- N’aie aucune crainte. Il s’agissait probablement d’un de mes neveux, occupé à ramasser des baies pour le dessert. Il a dû aller prévenir Monseigneur de notre arrivée. »

 

            Si Primus fit bonne figure devant les levrauts, il ne crut cependant pas un mot de sa propre fable. Imperceptiblement, il accéléra le pas.

 

            Ils continuèrent à marcher pendant quelques temps. Enfin, ils débouchèrent dans une clairière, au milieu de laquelle trônait, gigantesque et monstrueux, un vieil arbre mort. Sans aucune feuille, les branches tordues, l’écorce grise, il dominait néanmoins par sa hauteur et sa largeur inhabituelles tous les autres arbres de la forêt. Rien ne poussait autour de lui, pas même de mauvaises herbes. Le silence régnait sur cette partie de la forêt.

«  C’est là la demeure de Monseigneur Ailes Grises. Ne vous fiez pas à son aspect extérieur, l’intérieur est beaucoup plus confortable. », expliqua Primus.

 

            Les levrauts restèrent muets. Ils ne pouvaient détacher le regard de l’arbre torturé. De nombreux trous, emplis de ténèbres, perçaient son tronc, figurant autant d’yeux dévisageant les imprudents. Patedefruit était maintenant terrorisée. Ses frères n’étaient pas plus braves et envisageaient sérieusement de demander à Primus de les ramener. Le renard, à part lui, commença à paniquer lorsqu’il sentit les levrauts sur le point de détaler. Mais le hasard lui donna un coup de pouce. Au loin, un loup hurla, et un autre lui répondit, puis un autre, et encore un autre, chaque hurlement de plus en plus proche. Ce lugubre avertissement résonna dans les oreilles des levrauts et les sortit de leur torpeur. Mimant la peur, Primus s’exclama :

« - Des loups ! A l’abri les enfants, dans l’arbre ! », et les petits léporilopes, pris de panique, coururent derrière le renard jusqu’à la base de l’arbre géant. Là, ils trouvèrent l’entrée d’un terrier, qui menait directement à l’intérieur du tronc. Les levrauts s’y réfugièrent, tremblants, et Primus rabattit quelques branches mortes sur l’entrée.

 

            Ils ne s’en rendirent pas compte, mais Patapain, Patachou et Patedefruit étaient pris au piège dans la forteresse d’Ailes Grises.

 

            Primus tenta de les réconforter. « Vous ne risquez plus rien, les enfants. Aucun loup ne pourrait entrer ici. Venez. Je vais vous présenter à mon Maître. J’ai dans l’idée qu’il va beaucoup vous apprécier. Suivez-moi. » Les levrauts suivirent le renard plus profondément dans le terrier, groggy de terreur. Au bout du tunnel, ils débouchèrent sur un escalier en colimaçon, faiblement éclairé par quelques lucioles enfermées dans des lanternes. Ils gravirent les marches une à une, dérapant sur le sol froid et humide, puis empruntèrent un dédale de corridors étroits. Enfin, ils arrivèrent au sommet du tronc. C’était une salle gigantesque, sombre, sale, mais avant que Patachou, Patapain et Patedefruit aient pu observer en détail ce nouvel environnement, un hululement retentit, et un énorme oiseau gris entra par l’un des trous pratiqués dans le tronc. Il replia les ailes dans un nuage de poussière, et darda ses yeux jaunes et brillants sur les levrauts. Lentement, il s’approcha, boitillant sur ses serres difformes – car il était très vieux-, ses griffes recourbées par les ans laissant de longues raclures sur le sol.

 

 

            Les levrauts se cachèrent derrière le renard, qui s’inclina devant le hibou.

« Monseigneur, dit-il de sa voix mielleuse, voici des invités de dernière minute pour votre dîner. J’espère que vous apprécierez leur compagnie. »

            Ailes Grises ne pouvait pas sourire, mais il cligna des yeux pour signifier qu’il comprenait l’humour du renard.

« Mon bon Primus, dit-il de sa voix rocailleuse, le meilleur des serviteurs ! Tu t’es une fois de plus surpassé. Sois sûr que tu seras récompensé à hauteur de ton mérite. »

            Le renard s’inclina de nouveau, puis s’écarta, pour que son maître pût observer les levrauts à loisir. Ils étaient tétanisés par la frayeur, les oreilles rabattues sur le dos, tremblants de tous leurs membres. Ils avaient enfin compris le manège du renard. Ils allaient être servis au menu du repas auquel ils avaient été conviés ! Les avertissements de leur mère résonnèrent à leurs oreilles, mais il était trop tard.

 

            Ailes Grises s’avança, puis attrapa Patachou par la peau du cou. Il le souleva à hauteur de ses yeux : « Celui-ci, je me le réserve. Gras à point ! »

Patapain, voyant son frère prisonnier des serres du rapace, domina sa peur, se rua en avant et vint percuter l’oiseau de ses moignons de corne. Le hibou lâcha prise en hoquetant de surprise, mais ne fut pas blessé. Ses plumes se gonflèrent de rage, il doubla de volume en quelques secondes. Il poussa un cri strident, assourdissant, s’empara de Patapain et le jeta violemment dans une cage qui pendait au plafond. Primus saisit Patachou et Patedefruit par les oreilles et les envoya rejoindre leur frère.

 

Furieux de s’être ainsi laissé prendre au piège, Patapain s’escrima sur les barreaux de la cage, griffant, mordant, frappant, mais sans aucun résultat. Primus, narquois, vint se planter devant les levrauts, à distance respectueuse de leurs petites griffes acérées.

« M’est avis que votre mère va attendre ses seaux d’eau un certain temps. » et il éclata d’un rire mauvais. Patedefruit fondit en larmes à l’évocation de leur mère.

 

            Ils ne restèrent pas longtemps seuls. Un à un, quelques autres renards arrivaient, escortant d’autres petits animaux étourdis et insouciants, ayant tous oublié les recommandations de leur Maman. Un des renards apporta même, toujours dans leur nid, trois oisillons incapables de voler ainsi que deux œufs sur le point d’éclore. Primus rit à nouveau.

« Eh bien, Patte Folle, s’esclaffa-t-il, tu ne t’es pas foulé ! Trois amuse-gueules sur un vieux nid puant !

- Cinq ! rétorqua le renard boîteux, qui n’était pas très malin. Les œufs sont pleins ! »

            Primus et les autres renards, hoquetant de rire, sortirent sans un regard en arrière. Ils regagnaient leurs terriers. Les invités d’Ailes Grises seraient bientôt là, et les rats devaient encore dresser la table.

 

            Les levrauts, dans leur cage qui se balançait lamentablement au plafond, eurent tout le loisir d’observer la salle de banquet du hibou, et ils frissonnèrent de dégoût. Ici et là, des os et des crânes de petits animaux pourrissaient, rongés par l’humidité. Des rats noirs et poisseux les remisaient dans un coin, pour dégager un maximum de place, et les cachaient sous des toiles d’araignée. Les rongeurs montèrent ensuite une table sur des tréteaux et la garnirent d’assiettes, de couteaux et de hachoirs, à grand renfort de couinements et de grattements. Au centre, trônait une grande corbeille remplie de petits papiers. Enfin, les rats choisirent quelques crânes de souris et en firent de petits photophores, qu’ils posèrent parmi les couverts. Satisfait, Ailes Grises les congédia d’un geste.

 

            Un instant plus tard, entra une chouette brune, immédiatement suivie d’un furet à l’air à la fois noble et teigneux. Ailes Grises vint les accueillir, ailes grandes ouvertes. Les deux animaux s’inclinèrent.

« Mes amis, hulula-t-il, soyez les bienvenus ! Entrez, entrez, et venez admirer les victuailles ! Nous attendons encore deux autres convives, puis nous pourrons commencer. »

            Puis, se plaçant devant les cages :

« Figurez-vous, mes amis, que je nous ai préparé un délicieux petit jeu. Voyez, cette corbeille sur la table ? Chacun de nous tirera un papier à tour de rôle. Sur chaque papier est écrite une devinette. Celui ou celle qui trouvera la solution de l’énigme remportera un prix, que vous pourrez choisir parmi ces drôles, dit-il en désignant les prisonniers. Bien entendu, les morceaux de choix, comme ces levrauts cornus ou encore cette jeune kelpie, seront partagés équitablement. Le jeu ne concerne que les hors-d’oeuvre !

- Délicieux ! » s’exclama la chouette, et le furet applaudit avec ferveur.

 

            A ce stade, l’aventure de Patapain, Patachou et Patedefruit aurait pu virer au drame inéluctable. Mais un miracle se produisit. Le hibou, la chouette et le furet devisaient calmement en attendant leurs camarades, lorsque surgit, folle d’inquiétude et de rage, la mère des levrauts cornus. Elle était accompagnée d’un fringant petit écureuil, qui avait nom Rouquin Petit-Panache.

 

            C’était Rouquin qu’avait vu Patedefruit à la mare. Il se cachait dans les broussailles, observant le manège du renard. Il avait détalé avant que la jeune léporilope donne l’alerte, car il n’aurait pas fait le poids face à Primus. Remontant à toute vitesse la piste des enfants, bondissant d’arbres en arbres, il avait débouché sur la plaine, traversé la rivière, et trouvé la Maman des levrauts près des seaux abandonnés. Elle se demandait, poings sur les hanches, où étaient passés ces garnements qui n’en faisaient qu’à leur tête et finiraient par la rendre folle. Rouquin Petit-Panache lui avait expliqué rapidement la situation, et ils s’étaient ensuite rués sur les traces du renard et des enfants, courant à perdre haleine, avalant les kilomètres à une vitesse folle, comme seuls les léporilopes et les écureuils savent le faire. Au pied de l’arbre-forteresse, Rouquin avait trouvé l’étroit passage par lequel les enfants étaient entrés. Arrachant à pleines brassées les branches qui obstruaient l’entrée et se ruant à l’intérieur, ils avaient gagné la salle de banquet.

 

            Les levrauts n’en croyaient pas leurs yeux. Leur mère était là, tout allait donc, contre toute attente, s’arranger pour le mieux ! La maman se jeta de toutes ses forces sur le vieux hibou, qui n’eut pas le temps de se défendre. Ses cornes acérées transpercèrent l’aile du vieux rapace, qui hulula de douleur. Puis, elle se tourna vers la chouette et l’envoya bouler hors du tronc, avec un hurlement de rage. Le furet, quant à lui, jugea prudent de ne pas attendre son tour, et s’esquiva par l’escalier. Après tout, la léporilope faisait deux fois sa taille. Il disparut dans l’ombre, pestant contre ce bon repas perdu.

           

            Pendant ce temps, Rouquin avait trouvé la clé des cages et libérait les enfants un à un. Ils s’enfuirent tous par l’escalier, trop terrorisés pour remercier le brave écureuil. Il souleva le nid plein d’oisillons piaillants, tout en se disant qu’il faudrait faire circuler un message dans toute la forêt pour retrouver leurs parents.

 

            La mère de Patapain, Patachou et Patedefruit s’acharnait à présent sur le vieil oiseau de proie. Elle le griffait violemment, lui arrachait les plumes, l’écrasant de son poids. Ailes Grises tenta bien de se débattre mais il renonça vite devant la furie de cette mère dépossédée. Enfin, elle le lâcha, sévèrement contusionné mais bien vivant, lui tourna le dos et lui envoya une pleine giclée de poussière dans les yeux avec ses pattes arrière. Puis, elle retrouva ses enfants qui l’attendaient au pied de l’arbre avec Rouquin, riant et pleurant à la fois. Elle les serra bien fort contre elle et ils se mirent rapidement en chemin, craignant que les renards ne  reviennent. Ils rentraient enfin à la maison.

 

Rouquin Petit-Panache raccompagna Patachou, Patapain, Patedefruit et leur mère jusqu’à l’orée de la forêt. Ils le remercièrent tous chaleureusement, puis prirent congé. Après avoir de nouveau franchi la rivière, les levrauts récupérèrent leurs seaux sur la berge.

 

 Il faisait nuit noire lorsqu’ils arrivèrent, sains et saufs, au terrier. En guise de réconfort après leur mésaventure, la Maman leur tira les oreilles et les envoya au lit sans souper. Dommage, il y avait du gâteau.

   

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